Séverine LECUYER coaching - génération Y
Révéler, édifier, grandir, embellir, refléter, éblouir, devenir. - DE L' ACCOMPAGNEMENT DE PARCOURS  A LA MÉDIATION PEDAGOGIQUE
La génération Y

Le terme génération Y désigne le groupe des personnes nées entre 1980 et 2000. L'origine de ce nom a plusieurs attributions. Pour les uns il vient du Y que trace le fil de leur baladeur sur leur torse, pour d'autres ce nom vient de la génération précédente, nommée génération X, pour d'autres encore il vient de la phonétique anglaise de l'expression Y (prononcer waɪ), signifiant « pourquoi »


La génération Y existerait : Jean-François Fiorina l'a rencontrée. "Depuis cinq ans, je suis témoin d'un changement radical de comportement de mes étudiants, raconte le directeur de l'ESC Grenoble. La fracture numérique qui les sépare des plus anciens est réelle et en fait des futurs cadres d'un nouveau genre." Pour preuve : le comportement de Grégoire, qui, chaque semaine, s'attable devant son plateau de sushis, avale sa première bouchée et se met à papoter... avec son ordinateur. Le jeune homme n'est pas fou. Il entame en fait une banale pause-déjeuner avec trois amis. À cela près que le rendez-vous a lieu par écran interposé. Décalage horaire et distance obligent : il est 13 heures à Paris, midi à Londres, 20 heures à Shanghai et 9 heures à Buenos Aires ! Pourquoi ne pas partager un repas des quatre coins du monde, alors qu'Internet permet de se réunir aussi sûrement qu'au restaurant ?
Comme Jean-François Fiorina, ils sont nombreux à relater l'apparition de ces nouveaux salariés, rassemblés sous l'étrange appellation de génération Y. Mais la génération Y, c'est quoi ? La Toile, la presse et autres ouvrages spécialisés décrivent ces jeunes mutants, férus de high-tech, qui mêlent vie privée et vie professionnelle, surfent sur les réseaux sociaux en bouclant un dossier. Mais les Y ne sont pas seulement nés un portable greffé à l'oreille. Individualistes et détachés de l'entreprise, ces néocadres émancipés privilégieraient intrinsèquement leur bien-être professionnel, n'acceptant de donner à leur société qu'à hauteur de ce qu'ils reçoivent d'elle : à la fois geeks et rebelles, ils seraient le nouveau cauchemar des DRH.

"Anti-yologues"
Professeur de gestion des ressources humaines à la Rouen Business School, Jean Pralong a assisté, sceptique, à cette déferlante médiatique. "La question des générations est banale. Tous les vingt-cinq ans, il faut s'attendre à ce que, mécaniquement, elle revienne sur le terrain. Croisée avec l'apparition des nouvelles technologies, elle n'en prend que plus d'ampleur. Selon moi, les 25-35 ans cadres à la Défense, les ruraux et les jeunes des quartiers partagent la même génération, mais pas grand-chose d'autre." À "la rumeur collective" le responsable de la chaire "Nouvelles carrières" a préféré la rigueur d'une étude scientifique (1) et interrogé sur leur vision du travail en entreprise 600 sondés, répartis en trois catégories, les 20-30 ans, supposés Y, les 30-45 ans, supposés X, et les baby-boomers. Résultat : X ou Y, même combat. Face "aux bruits de terrain" émanant de la sainte alliance des DRH, des consultants et des managers, le scientifique pose un constat à contre-courant, mais sans appel : la génération Y n'existe pas. "Il n'y a pas de différence significative entre ces deux tranches d'âge, résume Jean Pralong. Toutes deux adoptent la même posture face au travail et à la carrière."
Dans sa quête de vérité scientifique, Jean Pralong s'est trouvé quelques alliés, favorisant l'émergence d'un nouveau courant : les "anti-yologues". Parmi eux, Françoise Dany, elle aussi professeur en gestion des ressources humaines à l'EM Lyon. "Il ne s'agit pas d'un effet générationnel, qui regrouperait des individus naturellement libres et émancipés de l'entreprise. Les nouveaux salariés réagissent simplement à leur environnement, précise la directrice du centre de recherche Organisations, carrières et nouvelles élites. Confrontés à des conditions de travail plus éprouvantes, à la précarité professionnelle, ils n'hésitent pas à envisager leur sortie si besoin. D'ailleurs, lorsqu'on les interroge, on se rend compte qu'ils s'attacheraient à une entreprise si elle leur apportait une situation stable et satisfaisante."